Mini dossier: Interview 2 de ONE et Yusuke Murata fanbook Hero Taizen

Interview 2 OnePunch-Man Hero Taizen

 

Q : je voudrais vous demander à tous les 2 les détails de l’histoire définitive sur la naissance de OPM.

ONE : Je suis bien obligé.

Murata : Oui, je vous remercie beaucoup.

 

Q : ONE-sensei, dites-nous comment vous avez commencé à dessiner OPM.

ONE : Eh bien, je voulais essayer de dessiner manga numérique; voilà comment tout a commencé. Il y avait ce site en ligne pour poster des mangas, et beaucoup de gens y proposaient les leurs trucs là, donc je voulais présenter quelque chose aussi. J’ai acheté un PC et quelques outils pour dessiner des images numériquement.  J'ai essayé de dessiner 15 pages, et je les ai mises en ligne avec mon PC pour la première fois ... ce qui était le chapitre 1 de OPM.  Je n’avais pas de véritables plans pour continuer l'histoire, et  j’ai juste posté sans penser à la suite. Mais peut-être parce que j’ai publié le chapitre 1, il a obtenu des retours excellents... OK, peut-être pas «excellents», mais décents.  Je pensais que je pourrais aussi bien essayer de dessiner une suite de l'histoire. C’est quand je me suis vraiment assis et travaillé sur la façon dont l'histoire se poursuivrait, que j’ai réalisé que ça pourrait se transformer en un manga intéressant. Et c’est ce qui m’a conduit au chapitre 2.

 

Q : Où avez-vous eu vos idées ?

ONE : Pour commencer, j’ai simplement essayé de dessiner le genre de manga je veux lire,  j’ai lu des tas de Shonen tout au long de ma vie et je suis particulièrement friand de manga de baston. D'une manière générale ces types d'histoires sont tous sur la croissance, ce qui signifie qu’au dernier chapitre, le personnage principal est devenu plus fort que quiconque et vit heureusement après. Donc, je me suis demandé ce qui se passerait si je commençais l'histoire  avec le personnage principal déjà dans cet état. C’est devenu mon point de départ.

 

Q : Donc il s'inspire de tout l'univers du Shonen d'action?

ONE : Ce qui le rend amusant pour les gens, c’est qu’ils ont déjà lu beaucoup de Shonen de ce type. C’est comme s’ils  courraient le premier tour, ce qui est leur deuxième fois.

Murata : Ouais c’est vraiment excitant pour les amateurs de manga.

ONE : J'aime aussi quand une série crée des frictions entre le drame et l’humour. Avec OPM, je voulais essayer de faire voir la vision du monde soi-même, plutôt que par des points de tracé précis.  Je pense que c’est la friction entre Saitama et le reste du monde qui rend les choses intéressantes. 

 

Q : Murata-sensei, que pensez-vous qu'OPM a d’attirant ?

Murata : tout se résume à l’attrait de Saitama. À certains égards, Saitama est incroyablement similaire à Son Goku de Dragon Ball. C’est Dragon Ball qui m'a fait commencer à lire le Weekly Shonen Jump, donc je trouve ces similitudes particulièrement attrayantes. Goku de Dragon Ball est un protagoniste très mémorable: il fait ce qu'il veut, combat les gars forts... il est seulement en quête d’excitation! Il croque la vie à pleine dent. Même quand le monde est en péril et plongé dans le chaos, il ne se prend pas la tête.

 Comme quand la réincarnation de Piccolo participe Budokai Tenkaichi et si Goku était vaincu, le monde aurait été condamné, alors Goku l’a simplement combattu pour remporter le tournoi. Après avoir battu Piccolo, il s’en foutait d’avoir sauvé le monde, il était tout simplement heureux d'être enfin couronné champion du tournoi. Il est ce genre d’individu facile, le sens de fonctionnement de sa logique  diffère complètement de ceux autour de lui. Ce type d’attitude, de faire les choses à son propre rythme, signifie vraiment ‘héros’ pour moi. Voilà ce que Goku et Saitama ont en commun. Une autre similitude est qu'ils sont tout simplement entourés des gars les plus forts autour d’eux. Quand les choses sont désespérées, le moment où ils apparaissent, vous savez les histoires vont être réglées (rires).      

             

 

Q : comment avez-vous découvert OPM, Murata-sensei ?

Murata : Je suis cet illustrateur appelé "Akiman"  sur Twitter, et quand j'entendu parler de OnePunch-Man sur son blog, je l'ai lu toute la série en une nuit. Je me suis senti un peu frustré, parce que je compris que j'étais devenu le mangaka qui allait justement dessiner quelque chose comme ça (rires). A l'époque j'étais dans une sorte d’impasse dans ma carrière professionnelle, et (mes excuses à Ootagaki-sensei) et grâce à mon incompétence, les choses n'allaient pas très bien avec Donten Prism Solar Car...  Il est sûr de dire que j’ai fini par causer à Ootagaki- sensei et aux lecteurs beaucoup de problèmes. A l'époque, je vu mon travail simplement comme illustrant les histoires données pour moi. Mais en réalité, n’est-ce pas le travail d'un illustrateur de transmettre visuellement le charme des personnages? Vous devez comprendre ce qui rend les personnages attrayants, ou autrement vous n’aurez rien à montrer aux lecteurs. Une fois que j’ai lu OPM, je savais que c’était exactement ce que je cherchais. J'ai envoyé à ONE-sensei un message tout de suite, en demandant si nous pouvions rencontrer. Je lui ai dit que je voulais vraiment travailler avec lui.

ONE : Je fus surpris de recevoir un message de Murata-sensei. Franchement au début, je pensais que c’était peut-être une blague...

Murata : désolé.

ONE : ce fut un véritable choc (rires) !

 

Q : Vous vous entendez bien ?

Murata : Ouais, j'étais si nerveux au sujet de le rencontrer que j’ai fini par être en retard de 30 minutes (rires). A ce moment, j’avais déjà faim, donc d' abord je lui ai suggéré que nous allions manger un peu de yakiniku (rires).

 

Q : de quoi avez-vous discutez au restaurant de yakiniku ?

Murata : Je lui ai demandé "hey, pourquoi ne faisons-nous pas un one-shot ensemble d'abord?"

 

Q : la première collaboration était Earth Monster ?

ONE : Avec Earth Monster, j’ai fait des storyboards pour que Murata-sensei puisse avoir quelque chose sur quoi travailler, et que nous pourrons montrer à la rédaction. J'ai pris ça comme une occasion de faire quelque chose de vraiment flashy, le genre de chose que je ne pourrai jamais dessiner de moi-même. Je suis resté dans les règlements des concours de manga, soit autour de 31 à 45 pages.

Murata : mais je voulais utiliser plus de planches, soit environ 60 pages.

 

Q : donc vous avez présenté Earth Monster au bureau de l’éditeur comme one-shot ?

Murata : En   fait, ce n’était pas Gokiburi Busters  que nous avons fini par montrer en premier au Young Jump 

ONE : Exactement. Avant qu’on ne le montre au rédacteur en chef alors en vigueur du Weekly Shonen Jump; j’ai pensé qu’il serait bien d’en faire environ quatre exemplaires.

Murata : A l'époque j'avais un contrat d'exclusivité, donc je me suis senti obligé de le dessiner pour Jump, mais il ne plaisait pas vraiment... Et pendant que je traitais cela, je suis tombé gravement malade.

ONE : Votre femme vous a trouvé et a appelé une ambulance.

Murata : Je ne pouvais pas bouger du tout ... C'est là que j’ai commencé à penser que si ce contrat exclusif m’empêchait de faire le travail que je voulais, alors je ferais mieux de faire quelque chose à propos de ça. J'ai appelé ONE-sensei de l'hôpital et lui ai dit : «Je vais mettre fin à mon contrat avec le Shonen Jump, alors pourquoi ne pas faire un tas de différents manuscrits pour one-shot ensemble et les proposer à différentes entreprises?» et voilà comment les choses allaient.

 

Q : comment avez-vous atterri au Young Jump ?

ONE : Plusieurs personnes différentes m’avaient approché avec des propositions pour la commercialisation de OPM.   La question était, que je gérais les illustrations moi-même, ou je trouvais quelqu'un d'autre pour les faire?  Bien que personnellement, je pense que Murata-sensei était le meilleur homme pour ce travail...  Plus tard, il a été question que j’essaye de dessiner une version révisée, mais après avoir dessiné environ deux mauvais chapitres, il est devenu douloureusement évident qu'il ne serait jamais vendu. A ce moment Murata-sensei a demandé s'il pouvait faire un essai pour lui. Il redessine le premier chapitre avec un stylo-feutre, et il m'a coupé le souffle. De là, nous avons commencé à réfléchir au meilleur endroit pour le publier. Avec les connexions que Murata-sensei avait avec un éditeur à du Young Jump, cela nous a conduit au plan de le faire publier au Young Jump à condition qu’il soit dessiné par Murata-sensei. Je pensais qu'il était incroyable de Murata-sensei qu’il publie ce manga sur le web plutôt que sous forme imprimée, et j’étais sûr que tout le monde serait impressionné. Donc avec cela, nous avons fait notre proposition au Young Jump, et il a commencé.

 

Q : Murata-sensei, vous étiez réticent à publier la série en ligne ?

Murata : Quand je faisais Eyeshield 21, je n'avais jamais lu de webcomics, et mes pensées à leur égard n’allait pas loin "eh, ca pourrait être intéressant d’en faire un." Mais quand cette proposition est venue, j’avais alors lu la version ONE-sensei, donc je me disais que la publication sur le web avait un réel mérite. Par exemple, avec un magazine hebdomadaire chaque numéro disparaît dans les magasins quand le prochain sort une semaine plus tard, mais sur les gens web peuvent lire les chapitres précédents aussi. Et comme il est à la disposition du monde entier, c’était une bonne façon de gagner un public plus large. Voir quelque chose publié en ligne sur mon écran, j’ai été stupéfait de voir comment étaient les lignes (rires). Mais jusqu'à ce moment-là, je n’avais travaillé qu’avec des lignes sur le papier, je n’avais absolument aucune compétence pour leur donner un meilleur aspect assez sur les écrans.  Alors moi et mon personnel avons fait beaucoup d'essais et d'erreurs. C’est ce qui l’a rendu si intéressant! Maitriser quelque chose de nouveau fait beaucoup de plaisir. 

Un autre avantage de dessin sur le web est que vous pouvez faire des corrections. Avec Eyeshield 21, j’étais toujours pressé par le temps, ce qui ne laisse pas de place pour beaucoup d'essais et d’erreurs. Je  me demandais si ce que je dessinais était vraiment bien... puis je voyais que ce n’était pas forcément le cas. Mais même après un chapitre paru dans le Jump, il ne serait pas possible de refaire certains passages, donc il reste comme il est pour toujours. C’est arrivé tout le temps et ça m’a vraiment gêné. En ligne cependant, je peux affiner les choses jusqu'à ce que je sois satisfait, sur le visage des personnages. Je veux dire, quand quelqu'un d’autre que ONE-sensei dessine Saitama, il finit avec un personnage différent.

 

Q : J’ai entendu dire qu'il y avait beaucoup de visages de Saitama rejetés.

Murata : C'est vrai. Ce ne fut que lorsque j'avais dessiné un bon nombre de pages que j'ai finalement compris ses expressions. C’était quand lui et Génos écoutent la conférence de Sneck à l'Association des Héros, et il mange bruyamment son chewing-gum. Le moment où j’ai vu cet ennuie de Saitama, une ampoule a explosé dans ma tête (rires). J’ai compris que Saitama est si fort, pour lui tout est toujours ennuyeux. Cela m'a donné envie de redessiner le tout à partir de la case départ. Moi et le personnel avons appris les ficelles du métier du dessin en ligne et étions vraiment dedans. Je leur ai dit que ce fut la première étape de ce qui serait un manga historique; je dessinais dans un état ​​second d’extase.

 

Q : comment travaillez-vous ensemble pendant le processus d’écriture ? Est-ce que ONE-sensei crée de nouveaux story-boards ?

Murata : Avec le scénario principal ou toute autre chose, je pars de l’original de ONE-sensei. J’ai généralement la liberté de l’adaptation sur la page et ainsi de suite.  Mais je demande à ONE-sensei si j'ai des questions.

ONE : Exactement.

Murata : Pour le scénario principal, le dialogue reste à peu près la même chose. Mais avec les histoires secondaires, parfois, je vais essayer d'ajouter des scènes au story-boards de ONE-sensei, ou de modifier les dialogue un peu. Dans de tels cas, je lui demande toujours son opinion. Nous allons revenir en arrière peaufiner ... et parfois, il va juste finir par revenir en arrière à la façon dont il était au commencement (rires).

ONE : Murata- sensei  me montre toujours à chaque fois qu'il pense à de nouvelles scènes ou pour ajouter des dialogues, par exemple, avec le héros de Classe A Moustache Printanière, mes story-boards contiennent juste son nom et son aspect général.  Il a parlé un peu et s’est fait battre par le monstre, rien de plus. Je n’avais pas prévu de mettre les armes qu'il utilise ou quelque chose comme ça; cette partie a été vraiment courte. Mais la manière dont Murata-sensei l’exprime après sur la feuille est vraiment impressionnante. C’était fantastique !

Murata : Quand j’ai entendu que son arme était une rapière, il m'a rappelé cet épéiste cool dans de Wheels on Meals (Soif de justice, un film de Jackie Chan). Parfois, il est amusant d'ajouter plus d'action comme ça.

 

Q : ONE-sensei a-t-il déjà donné des conseils sur la façon de dessiner quelque chose?

Murata : À l’occasion. Par exemple, au cours de la grande épreuve de force avec Boros.  Depuis que je sentais c’était le champion poids lourd de l'univers, j'ai essayé de le rendre aussi classe que possible. Cependant, à partir du moment où Boros commence à perdre du terrain face à Saitama, il apparaissait par moment comme un clown… ONE-sensei me fit remarquer que la raison pour laquelle Boros est populaire est parce qu'il conserve toujours sa dignité, même contre Saitama. Cela a été un déclic pour moi, et j’ai redessiné la case. Quand il vient à l'histoire, les personnages et le dialogue, tout cela découle de la tête de ONE-sensei, donc je vérifie en permanence avec lui.

 

Q : Merci beaucoup. Finalement que considérez-vous comme un ‘véritable héros’ ?

Murata : "Même si vous êtes le plus fort, ne prenez pas la grosse tête", je suppose. Contentez-vous de vos propres règles. Un vrai héros ne renonce jamais.

ONE : Je suis d’accord. Un vrai héros est quelqu’un qui n’abandonne jamais et suit ses rêves jusqu’au bout.